Tous les 10 ans, la surface équivalente à un département français « disparaît » au profit de la construction d’habitats (50% des surfaces) et des infrastructures (50%).

Ce phénomène, appelé « étalement urbain », s’avère être un fléau écologique dû à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (transports souvent individuels pour rallier à la « ville »).

Pire encore, il pose problème sur le long terme. Avec l’augmentation de la population, les terres cultivables vont être une richesse sensible pour « nourrir » un pays et certainement une source d’(in)stabilité pour les gouvernements. Nos propos peuvent vous paraitre futuristes, mais déjà en 2008, il était question de Razzia sur les terres cultivables !

Changer notre modèle

En France, le modèle d’urbanisation privilégié est… pavillonnaire (type lotissement). Comparé à des « petits pays » comme la Suisse, la disponibilité en terre ne nous a jusqu’ici pas réellement conduit à revoir ce modèle de développement.

Au-delà de ce modèle, avouons-le, l’habitat collectif est assimilé en France à une qualité relativement médiocre et un « bas de gamme ». Et pour cause, dans l’imaginaire collectif, les habitats collectifs sont souvent synonymes aux « barres  HLM ». Ce qui n’est pas sans corrélation avec la vision française de « la réussite sociale » : une belle maison, au milieu d’un beau jardin. Maintenant on trouve malgré tout des éco-quartiers qui permettent une mixité social et des jardins partagés.

(Mal)Heureusement, et principalement dans les villes, la pression sur le foncier, devenu souvent rare et exorbitant, nous appelle à revoir ce modèle. Lorsqu’on extrapole aux questions d’étalement urbain, de terres cultivables « stratégiques »… nous réalisons qu’il nous faut revoir le modèle français, y compris dans les campagnes.

Cohabitat

Vous connaissez certainement ces « coopératives » d’habitats qui se structurent autour de la création d’habitats collectifs, doublés d’un ensemble de biens mutualisés. Le principe de base est la distinction de parties privatives et des parties collectives, et les maitres mots « participation, vivre ensemble, éco-responsabilité des habitants ».

Venus d’Europe du Nord et de pays voisins comme la Suisse et l’Allemagne, les exemples montrent qu’il existe différents degrés de « mutualisation » : de la construction en commun au partage de biens comme la voiture, en passant par une laverie commune…

Voici un exemple d’habitat groupé près de Bern (Suisse) :

4 familles se sont rassemblées pour racheter un bâtiment agricole et le transformer en éco-habitat avec l’aide d’un maitre d’œuvre. Le degré de mutualisation est relativement « faible » car seuls sont partagés le jardin, un espace technique commun (stockage bois, etc) et un abri voiture-vélo.

En échangeant avec l’une des familles, ils nous ont expliqué que les temps de concertation sont lourds et qu’il faut une grande maturité des porteurs du projet. Aujourd’hui, ils s’interrogent surtout sur la pérennité du modèle avec le changement des familles…

Culturellement, sommes-nous prêts à vivre avec « les autres » ? Sommes-nous assez matures ?

Le chiffre qui tue

87% des Français souhaitent vivre en habitat individuel

… d’après un sondage un sondage TNS-Sofres commandé par l’Observatoire de la Ville (2007). Plus récemment, en 2010, le Moniteur a publié un nouveau sondage, dont les conclusions sont très proches :

86% des répondants souhaitent être propriétaires dans 10 ans, idéalement d’une maison neuve loin des grandes villes.

Une nécessité écologique

Certes, il existe des expérimentations de cohabitats en France. Mais il faut dire que les projets trainent. Par manque de foncier abordable (et oui, une fois de plus !) et par la complexité du montage juridique permettant de gérer les parties privatives et collectives.

L’autre point souligné par la famille de Bern : il faut une grande maturité des porteurs de projets ! Et vu le sondage du Moniteur, il semblerait que nous ne soyons pas encore tout à fait prêts…

  • faciliter les projets de cohabitats en cours, notamment sur le montage juridique,
  • favoriser l’acquisition de foncier aux projets collectifs, qu’il s’agissent de projets coopératifs ou habitats collectifs simplement (prix préférentiel par exemple),
  • imposer dans les projets d’aménagement des surfaces dédiées à l’habitat collectif et coopératif.

Attention, il nous faut toutefois accepter nos différences culturelles avec ces pays, et tenter de faire émerger un modèle d’aménagement durable… Français.

Nous nous questionnons sur l’architecture et l’aménagement permettant de concilier la nécessité de grouper et le besoin Français d’avoir « son espace ».

Et vous alors, seriez-vous prêts à vivre dans un habitat collectif et partagés des équipements/services avec vos voisins ? Seriez-vous prêts à utiliser le même lave-linge ? Cultivez votre jardin avec eux ? Partagez une voiture à 10 ?

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